Le piège des diplômes en cybersécurité

Le piège des diplômes en cybersécurité

D’abord, je tiens à le dire : les diplômes en cybersécurité, ce n’est pas toujours une arnaque, loin de là. Mais il y a un vrai problème avec la manière dont on les présente aujourd’hui.

On t’a parfois fait croire qu’un diplôme en cybersécurité était suffisant pour travailler dans le domaine. Et résultat, on se retrouve avec des milliers de diplômés en cybersécurité qui ne trouvent pas forcément de boulot.

Et en parallèle, on continue de voir beaucoup d’offres d’emploi dans la cybersécurité.

Là, on se dit : c’est bizarre.

Quand tu es étudiant, tu vois toutes ces offres d’emploi et tu te dis : « Ouais, voilà, au moins j’aurai du boulot. » Surtout qu’aujourd’hui, l’informatique reste présentée comme un secteur d’avenir, notamment avec le développement, le cloud, l’IA et la cybersécurité.

Du coup, de plus en plus de personnes se tournent vers ces métiers.

Le problème, c’est que le nombre de personnes formées augmente également.

Alors, qu’est-ce que ton diplôme t’apprend vraiment ? Et surtout, pourquoi ce n’est pas suffisant pour décrocher un emploi en cybersécurité ?

Un bac +5 ne garantit pas un emploi

Pendant longtemps, on a beaucoup entendu :

« Fais un bac +5 en cybersécurité et tu seras recruté directement. »

Cette idée pouvait être plus facile à défendre à une époque où il y avait moins de formations en cybersécurité et beaucoup moins de diplômés spécialisés dans le domaine.

Mais aujourd’hui, ce n’est plus vraiment le cas.

Il y a une véritable foison de formations en cybersécurité. Universités, écoles privées, formations en ligne, reconversions, bootcamps… De plus en plus de personnes arrivent sur le marché.

Et forcément, les entreprises peuvent davantage choisir les profils qu’elles vont recruter.

C’est simplement l’offre et la demande.

Mais moi, je vais te dire un truc :

un diplôme ne te promet pas un job, il te promet un examen.

Et ça, c’est quelque chose qu’il faut vraiment comprendre.

CV

Le diplôme reste pourtant très important

Je ne suis absolument pas en train de dire que le diplôme ne sert à rien.

Moi-même, je suis passé par là. J’ai un bac +5 en sécurité des systèmes informatiques à l’Université de Rouen.

Et durant mes études, j’ai fait énormément de théorie, de concepts, d’acronymes, de systèmes, d’architectures. On a même fait du langage assembleur.

Et franchement, c’était très bien.

Moi, j’ai vraiment aimé ce que j’ai appris sur la partie théorique. Bon, sauf peut-être OCaml, ça, j’ai pas trop aimé, mais en général, ça allait.

Le diplôme m’a donc apporté énormément de connaissances.

Et en France, on ne va pas se mentir : le diplôme reste très important.

Avoir cette ligne sur ton CV peut te débloquer beaucoup de choses.

Il peut te permettre de passer certains filtres de recrutement et d’accéder à des offres auxquelles tu ne pourrais peut-être pas prétendre sans ce niveau de diplôme.

Mais le problème, c’est que ça ne s’arrête pas là.

Le problème des cinq années d’études

Le problème, c’est que cinq ans de cours magistraux, ça reste cinq ans pendant lesquels tu n’as pas forcément beaucoup la main dans le moteur.

Oui, tu as des TP à la fac.

Oui, tu as des projets annuels.

Et oui, c’est très bien.

Il en faudrait peut-être même davantage.

Mais ce n’est pas suffisant.

Parce qu’en entreprise, la pratique, c’est tous les jours.

Tu dois être capable de travailler sur des problèmes réels, comprendre un environnement existant, utiliser des outils, communiquer avec des collègues, documenter ton travail et surtout apprendre à résoudre des problèmes que tu n’as jamais rencontrés auparavant.

À l’école, tu apprends énormément de choses.

Mais l’entreprise va ensuite te demander de savoir les utiliser.

Et c’est là qu’il y a une différence énorme.

Tu peux donc te retrouver avec un bac +5, un diplôme, de bonnes connaissances théoriques, mais finalement très peu d’expérience professionnelle.

Et ton diplôme devient alors simplement un bout de papier qui dit : « cette personne a validé cette formation ».

Il ne dit pas automatiquement : « cette personne sait travailler dans une entreprise de cybersécurité ».

Le paradoxe du marché du travail

Et c’est là qu’on retrouve un paradoxe assez intéressant.

Le marché français te demande ton diplôme.

Mais personne ne t’embauche uniquement pour ton diplôme.

Le diplôme peut te permettre de passer les premiers filtres, mais ensuite, il faut convaincre.

Tu peux avoir le bac +5 demandé dans l’annonce. Tu peux avoir les bonnes certifications. Tu peux avoir un CV parfaitement présenté.

Mais si, pendant l’entretien technique, on te demande ce que tu as réellement fait et que tu n’as rien à montrer, ça devient compliqué.

Tu peux alors entendre :

« Vous manquez d’expérience. »

Et là, tu te retrouves face à un autre problème.

Tu es junior, mais certaines offres demandent déjà plusieurs années d’expérience.

C’est complètement paradoxal.

En réalité, si je devais faire un raccourci :

le diplôme, c’est la case cochée qui te permet d’entrer dans l’entretien. Mais pendant l’entretien, c’est ton expérience, tes connaissances et tes compétences qui vont parler.

Donc il faut travailler sur les deux.

Les stages et surtout l’alternance

L’une des meilleures choses que tu peux faire pendant tes études, c’est chercher de l’expérience professionnelle.

Personnellement, ce que j’ai dû faire en plus de mes études, c’est notamment mon stage de fin d’études.

Et durant ce stage, j’ai énormément appris sur le monde de l’entreprise en général, sur la manière dont ça fonctionne, mais aussi sur la pratique, les projets et les CTF.

Et si tu peux trouver une alternance, je te conseille fortement de regarder cette possibilité.

Parce que l’alternance te permet justement de ne pas attendre la fin de ton diplôme pour découvrir le monde professionnel.

Tu étudies, mais en parallèle tu travailles dans une entreprise.

Tu accumules donc progressivement de l’expérience.

Et ça peut faire une énorme différence lorsque tu arrives sur le marché du travail.

Une formation

Attention au prix des formations

Il y a aussi la question du prix.

Si tu es à l’université en France, les études peuvent être relativement accessibles financièrement, avec évidemment des coûts annexes. Et pour les étudiants boursiers, le système du CROUS peut également représenter une aide importante.

Mais derrière, tu as aussi des écoles privées qui peuvent demander plusieurs milliers d’euros par an.

Et là, il faut vraiment réfléchir.

Parce que même si tu dépenses énormément d’argent dans une école privée, tu peux toujours te retrouver avec le même problème à la sortie :

tu as le diplôme, mais tu n’as pas suffisamment d’expérience.

Donc avant de sortir 10 000, 15 000 euros ou davantage par année, pose-toi vraiment la question de ce que cette formation va t’apporter en plus.

Est-ce qu’elle te donne une vraie expérience professionnelle ?

Est-ce qu’elle propose beaucoup de pratique ?

Est-ce qu’elle a un bon réseau d’entreprises ?

Est-ce qu’elle facilite réellement les stages et les alternances ?

Parce que payer plus cher ne signifie pas automatiquement être mieux préparé au marché du travail.

comment sortir du lot ?

Que faire si tu es actuellement étudiant ?

Si tu es actuellement étudiant en cybersécurité, franchement, continue.

Ton diplôme est une bonne chose.

Mais ne fais jamais que ça.

Fais des choses à côté.

Tu as normalement du temps lorsque tu es étudiant. Alors utilise ton PC.

Va dans le terminal.

Essaie de comprendre les concepts que tu apprends en cours.

Fais de la veille en cybersécurité.

Traîne sur GitHub.

Monte des projets personnels.

Fais des labs.

Teste des outils.

Et surtout, construis des choses.

Aujourd’hui, avec l’IA, tu peux même développer des petits logiciels sans forcément être un développeur expérimenté, puis essayer de les sécuriser ensuite.

Tu peux créer plein de choses.

Et tout ce travail peut progressivement constituer ton portfolio.

Parce que lorsque tu arriveras devant un recruteur, tu ne seras plus simplement la personne qui dit :

« J’ai un bac +5 en cybersécurité. »

Tu pourras dire :

« Voilà ce que j’ai appris, voilà ce que j’ai construit et voilà ce que j’ai réellement fait. »

Et ça, ce n’est pas la même chose.

Prépare-toi dès maintenant

Le marché est devenu beaucoup plus sélectif.

Aujourd’hui, les entreprises peuvent choisir parmi énormément de profils.

Alors imagine dans deux ans ou trois ans, lorsque tu auras terminé tes études.

Le nombre de candidats peut encore augmenter.

Donc prépare-toi dès maintenant.

Ne te dis pas :

« Je ferai mes projets quand j’aurai mon diplôme. »

C’est justement maintenant qu’il faut commencer.

Tu es étudiant ? Profite de cette période pour apprendre, tester, expérimenter et construire.

Tu n’as pas besoin d’attendre d’être recruté pour commencer à avoir de l’expérience.

Tu peux commencer à créer cette expérience toi-même.

Le diplôme n’est ni une arnaque, ni une garantie

Donc finalement, le diplôme en cybersécurité, c’est quoi ?

Ce n’est ni une arnaque, ni une garantie.

C’est une case à cocher.

Vois-le vraiment comme ça.

En France, je conseille largement de faire un bac +5 si tu veux aller loin dans la cybersécurité, surtout parce que le diplôme reste important sur le marché français.

Mais ne t’arrête surtout pas là.

Construis des choses à côté.

Fais des projets.

Cherche des stages.

Cherche une alternance.

Travaille tes compétences techniques.

Fais de la veille.

Construis ton portfolio.

Et surtout, cherche à accumuler de l’expérience.

Parce qu’au final, ton diplôme peut t’ouvrir une porte.

Mais c’est ce que tu sais faire qui va te permettre de rester dans la pièce.

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